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Après la foire du Trône, après l'Atelier 102, me voici à la recherche d'un sujet (d'un objet?) à photographier. Grande question. Que faire? Et voici qu'un jour, en traversant le Jardin du Luxembourg en cours de matinée, je m'arrête regarder des joueurs d'échecs. La conversation s'engage avec les deux seuls joueurs présents. "Alors, le photographe, qu'est-ce qu'on photographie?", me demande l'un d'eux. Alors, pourquoi pas les joueurs d'échecs. Et c'est parti. Je profite de mes fréquents passages par le Jardin, trois fois par semaine, pour dire. 

joueurs d'échecs, Jardin du Luxembourg, Paris, 1994

Au bout de quelques temps, j'affiche des tirages dans mon bureau, grosso modo ceux de la page suivante, et je me retrouve face à cette galerie de gars en plein questionnement "Que faire?" qui me renvoient à mes propres interrogations.

D'un seul coup m'apparaît alors que la photographie n'est pas seulement l'impression d'une surface sensible, mais peut aussi être l'expression d'un monde intérieur.

A part ces considérations et pour rester plus terre à terre, ces joueurs ont l'habitude de disposer les chaises du jardin d'une certaine manière: deux chaises face à face pour poser l'échiquier, les pièces et la pendule, deux autres chaises pour eux-même et éventuellement d'autres pour leurs affaires personnelles. Autour de ce noyau viennent se greffer les chaises des spectateurs qui sont aussi des joueurs attendant leur tour. Puis, en fin de journée, ils s'en vont en laissant cette installation derrrière eux. Et c'est ainsi qu'un matin, dans le soleil...

traces du passage des joueurs d'échecs, Jardin du Luxembourg, Paris, 1994

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Robert Laugier - photographe