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Assouan est la ville des felouques. Elle est aussi, depuis une douzaine d'années celle des petits bateaux à moteur, ces deux embarcations, la felouque et le bateau à moteur, étant à présent utilisées principalement pour promener les touristes sur le Nil ou les amener sur l'île de Philae. Quelques grandes felouques sont encore utilisées pour transporter des matériaux de construction et des bateaux à moteur pour transporter des ordures. Pendant des années, les felouques et les bateaux à moteur étaient fabriqués à Esna, à quelques dizaines de kilomètres au Nord. Il existe désormais d'autres chantiers de construction, notamment deux sur l'île d'El Mansouria en face du temple de Kom Ombo, et deux à Assouan (un petit sur l'île d'Eléphantine et un autre à Assouan Ouest). Si on la traduit mot à mot, l'appelation arabe de ces chantiers signifie "atelier des bateaux".

De nos jours, on y construit beaucoup plus de coques de bateaux à moteur que de felouques. De plus, la fabrication de coques en bois a quasiment disparu pour des raisons pratiques et économiques. Le bois est devenu rare et cher, même si le développement du téléphone portable a mis de nombreux poteaux télégraphiques sur le marché qui peuvent être utilisés pour le mât et les vergues. Par ailleurs, une coque en acier nécessite moins d'entretien qu'une coque en bois qui doit être repeinte au moins une fois par an. Une des conséquences de cette évolution est la disparition du savoir-faire des charpentiers de marine. Les coques métalliques sont fabriquées par assemblage soudé de nervures aux courbures formées à la masse et sur lesquelles sont soudées des plaques découpées et éventuellement formées à la masse également. L'outillage est minimal. Sur le terrain caillouteux qui descend en pente douce vers le Nil, on voit surtout des masses, des instruments de soudage à l'arc à électrode consommable, des serre-joints pour serrer les plaques à la structure lors du soudage, une grande cisaille pour découper profilés et tôles, une roue de camion servant d'enclume cylindrique posée sur une section de tronc d'arbre. Et puis, au moment de souder la plaque tenant lieu de tableau arrière pour la coque, Saad, le chef d'atelier, sort un niveau à bulle qu'on ne reverra pratiquement plus. Une fois complétée, les coques sont peintes, puis treuillées jusqu'au fleuve, une manoeuvre plus aisée en été qu'en hiver car l'eau est au plus haut en juillet et août et au plus bas en décembre. Les menuisiers viennent alors garnir de planches le fond de la coque et faire le toit. D'autres détails, enjoliveurs de de bastingage par exemple, sont aussi réalisés lorsque le bateau est à l'eau.

Les photos proposées ici ont été prises principalement au chantier d'Assouan Ouest lors de plusieurs séjours depuis l'hiver 2001-2002. Le patron du chantier s'appelle Saïd. Il possède aussi les chantiers d'El Mansouria. Son frère et ses fils travaillent ici ou là. On y mange ensemble assis par terre, on y fait et boit le thé. Certains dorment sur place, couchés sur les banquettes et sous des couvertures.


Robert Laugier - photographe