. accueil . photographies . en s'arrêtant . Egypte . liens . contact . cv

 

hiver 1990-1991

hiver 1996-1997

hiver 1998-1999

été 2000

hiver 2001-2002

été 2002

hiver 2002-2003

hiver 2003-2004
et aussi :

portraits

paysages

l'atelier des bâteaux
     

Mon premier séjour en Egypte date de l'hiver 1979-1980. Ce fut pour moi un voyage fondateur, une expérience initiatique dans ma vie: mon premier voyage dans le Tiers Monde. Avant, j'avais déjà un peu voyagé. En été, en Grèce, en Italie, en Yougoslavie. J'étais déjà parti seul avec un sac léger, mais là, j'étais parti pour plus longtemps, plusieurs mois, fuyant le froid de l'hiver si possible, décidant aussi, dès l'instant du départ en train un soir de novembre, de rompre les amarres. Après une nuit en train avec changements à Chambéry, à Turin et à Bologne, une journée à Ancone, une traversée pour Patras et quelques jours à Athènes, le voyage me mena même jusqu'à Khartoum, ce que je n'avais pas prévu initialement, puis en Israel après un bref passage à Chypre. A l'époque, je ne photographiais pas et je tenais à faire la distinction entre tourisme et voyage, et l'appareil photo m'aurait, à mes yeux ou à mon sentiment, rapproché du touriste. Je cherchais le voyageur en moi, pas le touriste.

Après le périple en Allemagne qui suivit, un an et demi plus tard, j'aurais pu mettre ces coquetteries de côté. Pourtant, lors du premier retour, en hiver 1990-1991, j'avais certes emporté mon M2 avec un 35 mm, j'avais certes un peu photographié, puis, ce n'est qu'au bout, voire au retour du séjour suivant, en 1996-1997, que la possibilité de prendre l'Egypte et les Egyptiens comme sujets s'est imposée à moi. J'avais certes un peu plus photographié lors de cet hiver 1996-1997 - quelques photos restent bonnes à mes yeux aujourd'hui - mais il a fallu attendre les dernières heures passées au Caire pour que je découvre les mérites de la Tri-X et surtout que, ne disposant plus de 24x36, je passe ces dernières heures dans les rues du vieux Caire à utiliser le Rolleiflex pour faire des portraits. Le soir même, de retour dans l'appartement parisien, dans l'eau chaude d'un bain reposant après une longue journée de voyage et le retour dans un Paris enneigé, ces moments de face à face avec le Cairotes me revenaient. Oui, là, il y avait quelque chose à faire. Je savais aller vers eux, je savais leur parler, j'aimais aussi beaucoup le faire et ce pays et cette ville sont vraiment des endroits où le voyage initial m'a appris que tout était possible dans ce domaine. De ce dialogue établi, même précairement avec mon arabe de fortune, pouvait se construire un champ où je pourrais photographier. 

Il s'en suivit plusieurs séjours faits pour ça, où je partais le sac bourré de pellicules, les boîtiers dans un sac à dos, me lançant dans des expéditions urbaines et périurbaines au Caire et à Assouan, puis, pendant un été, dans un excursion pour aller voir Siwa via Alexandrie, mais aussi dans ce travail sur les chantiers navals des bords du Nil en Haute Egypte. Avec, entretemps, deux expositions au Centre Culturel d'Egypte de Paris, puis, plus tardivement à Abbeville, une exposition de ce travail dans le "chantier des bateaux".


Robert Laugier - photographe